L'Orient le Jour
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Scarlett HADDAD -
 
Pour les hommes d'affaires, Beyrouth peut servir de plateforme pour aborder le marché africain et participer à la reconstruction en Syrie.
Dans la capitale économique de l'Australie, la gigantesque métropole de Sydney, avec son célèbre port et l'océan qui entre dans ses terres, formant une crique d'une rare beauté, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a voulu parler des échanges commerciaux entre le Liban
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et l'Australie, pour étudier la possibilité de les renforcer. Il a ainsi présidé une réunion à la Chambre de commerce Australie-Liban dirigée actuellement par Joe Khattar, en présence du ministre d'État pour les Affaires présidentielles, Pierre Raffoul, du chargé d'affaires libanais en Australie, Giscard el-Khoury, et du consul du Liban à Sydney, Georges Bitar Ghanem.
M. Bassil a été droit au but, demandant aux membres de la Chambre de commerce ce qu'il faut faire pour renforcer les échanges commerciaux entre le Liban et l'Australie, sachant qu'il y a dans ce pays 500 000 immigrés d'origine libanaise qui devraient donc constituer un marché intéressant pour les produits libanais.
Gebran Bassil a même donné en exemple le commerce d'un Libanais installé à Montréal qui a commencé par vendre des produits libanais à petite échelle avant de devenir réellement incontournable dans la ville canadienne. Selon lui, il faut penser à ce genre de commerce et même songer à ouvrir des chaînes de restaurants libanais ou encore créer des entreprises qui cultivent des fruits ou des légumes au Liban destinés à l'exportation en Australie. De petites entreprises commencent d'ailleurs à apparaître qui cherchent à produire au Liban des fruits, de l'huile d'olive, du miel et d'autres produits du terroir destinés au marché australien.
Les membres de la Chambre de commerce ont expliqué au ministre que les produits libanais sont très appréciés de leurs partenaires australiens, mais les formalités administratives sont trop lourdes et complexes et entravent toute initiative dans ce sens. De même, selon eux, les médias jouent un rôle négatif en mettant sans cesse en avant les aspects désastreux de la vie au Liban, décourageant ainsi ceux qui comptent y faire des investissements. En dépit de cette remarque, les partenaires australiens ont affirmé être intéressés à investir au Liban, tout en utilisant ce pays comme plateforme pour s'introduire sur le marché africain et éventuellement participer à la reconstruction de la Syrie.
Les membres de la Chambre de commerce Australie-Liban de Sydney ont aussi informé les responsables libanais qu'ils ont renforcé leur présence à Beyrouth en ayant désormais des représentants permanents sur place. Ils ont aussi évoqué le projet de construire un hôpital dans la Békaa pour les malades du cancer sur une initiative de Mgr Issam Darwiche, évêque grec-catholique de Zahlé. Pierre Raffoul a saisi l'occasion pour suggérer le projet de construire un nouvel hôpital militaire, l'actuel à Badaro tombant pratiquement en ruine. Ce n'est pas seulement une nécessité, c'est aussi un moyen de récompenser les militaires qui donnent leur vie et leur santé pour le pays, a insisté Pierre Raffoul. L'idée a séduit les présents, mais il faut désormais faire des propositions concrètes.
De son côté, M. Bassil a précisé que la richesse du Liban est la compétence de ses fils, mais le handicap est encore l'État dans ses structures et son système actuels. La modernisation de ces structures est un long processus. Il a ainsi donné en exemple le fait qu'au ministère des Affaires étrangères, il n'y a pas d'attaché commercial.
Les membres de la Chambre de commerce ont rappelé que, concernant l'agriculture, les produits autorisés à entrer en Australie doivent remplir des conditions strictes. Il faut donc assurer une coordination avec le ministère de l'Agriculture. M. Bassil a abondé dans ce sens, ajoutant qu'il faut revaloriser la terre au Liban et ce qu'elle peut produire au lieu de continuer à miser uniquement sur une économie rentière. Il a promis de faire de son mieux pour que le Liban soit prêt sur le plan de l'infrastructure à aider les émigrés d'origine libanaise désireux d'investir dans des secteurs de production libanais.
Une réception donnée par la Chambre de commerce à proximité du célèbre port de Sydney a suivi cette réunion qualifiée de fructueuse par les deux parties.
 
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Scarlett HADDAD -


 
Même si la chute spectaculaire du président Michel Aoun – qui n'a pas vu la marche recouverte du tapis rouge protocolaire – a occupé l'attention politique et médiatique pour un moment, elle n'a pas réussi à occulter l'important discours prononcé par le chef de l'État libanais devant ses pairs arabes. Ce discours était en effet très attendu parce qu'il était le seul susceptible de sortir ce 28e
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sommet arabe de sa torpeur confortable. Et de fait, en s'adressant à la conscience des dirigeants arabes et en les appelant à être à la hauteur des attentes de leurs populations, M. Aoun s'est placé au-dessus de la mêlée, évitant les pièges des positions politiques et précisant que les réunions de la Ligue arabe doivent être consacrées à servir les intérêts des populations des pays membres.
Depuis le matin, au palais des congrès où se déroule le sommet et qui est fermé aux journalistes, les chefs d'État et de délégation ont multiplié les belles phrases dont la langue arabe est si friande, sans aborder franchement les sujets qui les divisent et déchirent leurs populations depuis des années. Le roi Abdallah de Jordanie, qui a reçu la présidence du sommet du chef d'État mauritanien, a ainsi insisté sur l'importance de la solidarité arabe et sur la solution des deux États en Palestine. Au sujet de la Syrie, tous les orateurs ont privilégié la solution politique, évitant soigneusement d'entrer dans les détails. De l'avis de tous les présents, l'heure n'est pas encore venue de discuter en toute franchise et réalisme du dossier syrien, et encore moins de la guerre au Yémen dont le président Abd Rabbo Mansour Hadi a été reçu avec les honneurs. Pour la plupart des participants, la réussite de ce sommet se mesure en effet à l'absence d'esclandre, de division spectaculaire, et à l'adoption du communiqué final et de la déclaration de Amman, sans trop de protestations.
Comme c'est devenu une coutume dans les sommets arabes, les discussions importantes ont ainsi lieu dans les coulisses et dans le cadre d'apartés bilatéraux, ou plus. Mais face aux projecteurs, tous les dirigeants cherchent à faire bonne figure, au point que la réalité sur le terrain n'a presque plus rien de commun avec ce qui se passe dans les palais.
L'isolement de la grande salle de réunion, qui avait l'air coupée du monde, n'a toutefois pas empêché le vrombissement des hélicoptères israéliens sur la rive opposée de la mer Morte de parvenir aux oreilles des dirigeants, qui n'y ont pas prêté la moindre importance. En ce jour de sommet, la mer Morte n'a jamais autant mérité son nom. Sur ses rives et dans ses eaux le silence est total... Jusqu'à ce que le président Michel Aoun prenne la parole en décidant de s'adresser à la conscience des dirigeants arabes, face au triste tableau qu'offre aux regards attentifs la région, avec son lot de guerres et de destructions.
Appel aux « sages » et aux « visionnaires »
D'une voix forte, le président Aoun a parlé aux dirigeants arabes des morts du Yémen, de Syrie, d'Irak et d'ailleurs, rappelant que la Ligue arabe a été créée pour éviter les guerres dans les pays qui en sont membres. Il a aussi rappelé que la charte de la Ligue arabe insiste, dans un de ses articles, sur le fait qu'un pays arabe ne doit pas intervenir dans les affaires internes d'un autre. La Ligue arabe, a-t-il dit, doit éteindre les incendies et resserrer les liens entre ses membres. Il a également parlé des déplacés syriens, dont la présence au Liban constitue « un trop lourd poids pour ce pays », invitant les dirigeants arabes à traduire en actes le concept de solidarité qui est l'essence de la mission confiée à la Ligue arabe. Dans ce discours relativement court, la forme et le fond étaient différents de ceux des autres dirigeants car il s'inscrit dans le cadre d'une vision globale de la situation arabe et régionale. D'ailleurs, M. Aoun a appelé les sages et les visionnaires, dont le monde arabe, selon lui, est riche, à chercher à trouver des solutions aux conflits actuels qui déchirent la région. Dans le palais présidentiel, comme à la tribune de la Ligue arabe, Michel Aoun a ainsi refusé d'entrer dans les dédales des politiques politiciennes et des intérêts étroits, souhaitant relever le débat et le placer sur le plan stratégique. Les grandes lignes ainsi définies, la place est désormais ouverte aux entretiens bilatéraux qui se sont multipliés dans les salons entourant la grande salle du palais des congrès.
Selon les sources de la délégation libanaise, ce sommet peut être considéré comme un succès pour le Liban. D'abord, parce que le président et le Premier ministre étaient tout le temps ensemble dans les entretiens avec les autres délégations, affichant une entente qui rassure les Libanais et les Arabes. Au point d'ailleurs que Saad Hariri a envoyé ses conseillers à Amman dans son avion privé, prenant, lui, l'avion présidentiel. Ensuite, parce qu'il est clair que les autres pays arabes, en particulier ceux du Golfe, ont décidé de ne pas mettre en difficulté le Liban. Au cours de ses entretiens à Washington avec les responsables saoudiens, le ministre Bassil a en effet eu des discussions en profondeur sur le sujet, précisant que la situation du Liban étant ce qu'elle est, les pays arabes n'ont pas besoin d'ouvrir une nouvelle arène de combat en plus de la Syrie, du Yémen, de l'Irak et de la Libye...Il a donc été convenu de garder le Liban à l'abri des tensions régionales. Dans le contexte actuel, l'ouverture des pays du Golfe en direction du Liban devrait donc se faire doucement, sans coups d'éclat spectaculaires, mais en même temps, il ne devrait plus être question de mesures de rétorsion et de tensions... M. Bassil a aussi développé l'idée selon laquelle il ne suffit pas de se déclarer neutre pour le devenir. D'autant que parfois, des conflits s'imposent, même lorsqu'on ne souhaite pas s'en mêler. C'est pourquoi, a-t-il insisté, il ne suffit pas de demander au Liban d'être neutre à l'égard de la crise syrienne, il faut aussi empêcher les conséquences de cette crise d'interférer sur sa situation...
Grâce à toutes ces discussions et aussi grâce aux développements dans la région qui ne permettent pas à un camp précis de se considérer comme victorieux, le Liban a pu imposer son approche des dossiers conflictuels et convaincre ses « frères arabes » de sa propre spécificité. Dans le contexte actuel, c'est plus qu'il ne pouvait espérer...
 
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Scarlett HADDAD -

Une fois de plus, le monde a les yeux fixés sur le terrain syrien où sont en train de se préciser les nouveaux rapports de force internationaux et régionaux. D'un côté (au nord du pays plus précisément), ce sont les États-Unis qui veulent reprendre l'initiative et définir le rôle de chacun des acteurs, de la Turquie au régime syrien, en passant par la Russie et l'Iran ; et, de l'autre, il y a les combats autour de la capitale, ainsi que la tension au

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sud du pays, qui montrent clairement la volonté d'Israël d'intervenir dans le cours des événements.

Au Nord, l'offensive contre le dernier bastion vital de l'État islamique (EI) en Syrie, Raqqa, est annoncée pour très bientôt avec une participation directe et essentielle des forces kurdes alliées des États-Unis. Washington a ainsi écarté la Turquie de l'offensive (avec, semble-t-il, l'accord des Russes), mais il cherche aussi à empêcher l'armée syrienne d'intervenir, dans un message clair adressé à Moscou. Le plus étonnant dans ce qui se passe au nord de la Syrie, c'est que l'EI, qui a menacé le monde pendant deux ans, semble désormais condamné à la déroute, comme s'il n'était en fait qu'un « géant de papier » et qu'il suffisait d'une décision claire américaine pour mettre un terme à son rôle, au risque de le transformer en une série de cellules terroristes capables de déstabiliser les différentes sociétés par des attaques ponctuelles. En principe, l'EI pourrait donc faire bientôt partie du passé terrible de cette région, mais la Syrie ne sera pas pour autant au bout du tunnel, puisqu'il restera à définir la part des différents protagonistes dans le gâteau ou ce qu'il en restera.

Par contre, dans les autres régions de la Syrie, la situation est plus complexe. Des sources proches du Hezbollah reviennent ainsi sur le bombardement israélien de la région de Palmyre. En principe, l'aviation israélienne a déclaré avoir bombardé un convoi d'armes destiné au Hezb. Mais les sources proches de ce parti estiment qu'il s'agit d'un faux prétexte. Selon elles, il n'y a aucune raison pour qu'un convoi d'armes destiné au parti chiite s'aventure dans la région de Palmyre. De plus, les médias israéliens n'ont publié aucun document ou aucune photo confirmant l'existence d'un tel convoi. Selon la lecture de ces sources proches du Hezbollah, le bombardement israélien aurait été décidé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu après sa rencontre avec le président américain Donald Trump dans le but d'adresser un message à l'axe dit de la résistance (Iran, Syrie, Hezbollah) sur sa capacité à élargir le champ de la confrontation, en frappant loin des lignes de démarcation traditionnelles. La riposte syrienne ne s'est pas fait attendre : un missile antiaérien S200 a été lancé contre les avions israéliens pour la première fois dans l'histoire du conflit entre les deux pays. Selon certaines sources, l'armée syrienne aurait réagi spontanément sans avertir les Russes, alors que, pour d'autres, les Russes auraient donné leur aval, ne serait-ce que par le biais des officiers qui aident leurs homologues syriens dans le maniement des armes de fabrication russe. Toujours est-il que, selon les sources proches du Hezbollah, il s'agissait de déclarer aux Israéliens qu'il existe des lignes rouges qu'ils ne peuvent pas franchir.

Ces derniers auraient alors opté pour le choix de mener une attaque ponctuelle dans le sud de la Syrie. Mais, là aussi, la riposte de la Syrie et de son allié, le Hezbollah, a été rapide et claire : il n'y a rien qui s'appelle « une opération militaire limitée » ou de petite envergure. Toute agression israélienne déclenchera une riposte globale, dans un espace géographique élargi. C'est vrai pour une éventuelle action dans le sud de la Syrie, mais aussi au Liban-Sud, dans le périmètre des fermes de Chebaa ou ailleurs. Le régime syrien et le Hezbollah ont sciemment voulu adresser ce message, sachant que, selon les médias israéliens eux-mêmes, l'État hébreu n'est pas prêt à une guerre de grande envergure. Par cette riposte rapide, ils estiment avoir découragé les Israéliens de lancer une attaque, même limitée, contre des cibles syriennes ou libanaises. Selon les sources précitées, le souci des Israéliens est désormais d'empêcher l'Iran et ses alliés de se rapprocher de leurs lignes dans le Golan.

Le projet maximal israélien serait donc désormais de créer cette fameuse « zone tampon » contrôlée par une milice alliée, à la frontière du Golan annexé. Selon ces mêmes sources, les Israéliens comprennent parfaitement les messages militaires, et, pour l'instant, une offensive d'envergure ou même limitée n'est pas envisagée. Mais cela n'empêche pas le Hezbollah et ses alliés de rester vigilants, sachant que, dans un contexte aussi changeant, de nouveaux facteurs peuvent intervenir et modifier les données.

Enfin, les sources précitées ne se déclarent pas inquiètes des affrontements autour de la capitale syrienne, notamment à Jobar et Kaboun. Selon elles, ces attaques sont destinées à mettre la pression sur le régime syrien dans sa capitale, mais ne constituent pas une menace stratégique, les deux fiefs de l'opposition étant finalement encerclés. Pour les milieux proches du Hezbollah, la situation en Syrie n'est donc plus une source d'inquiétude... mais la guerre est loin d'être finie.

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Scarlett HADDAD - 
 
La récente déclaration du directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, sur le fait que la menace terroriste pèse encore sur le Liban a eu l'effet d'une douche froide sur les Libanais pourtant noyés par les pluies de mars et ployant sous le poids des conflits politiques. Mais avec sa franchise habituelle, le général Ibrahim a voulu rappeler à tous ceux qui croient que le Liban est un îlot à l'abri de toutes les tempêtes q
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u'il faut au contraire rester vigilants, assurant que les services de sécurité font leur travail au mieux.
M. Ibrahim n'a pas donné de détails, mais selon des sources sécuritaires différentes dont les informations ont été recoupées, une double menace pèse sur le Liban : d'abord, celle des formations extrémistes Daech et ses semblables qui sont en train d'être vaincues en Irak et dans le nord de la Syrie et qui pourraient chercher à se réfugier au Liban. Ensuite, la menace israélienne qui voit d'un très mauvais œil l'importance prise par le Hezbollah depuis sa participation aux combats en Syrie et son accès à des armes nouvelles obtenues par le biais des Syriens.
Si les deux menaces peuvent paraître différentes, elles se retrouvent dans l'objectif et dans le souci de déstabiliser le Liban. Les Israéliens peuvent par exemple profiter de l'activité des cellules extrémistes au Liban, de nature à affaiblir la cohésion interne, pour porter ensuite un coup au Hezbollah, selon la logique suivante : plus la situation interne est fragile et plus il est possible d'isoler le Hezbollah et de pousser les Libanais à le rejeter. Selon les sources sécuritaires précitées, chez les Israéliens, cela commence toujours par une guerre psychologique et médiatique qui s'appuie sur des mesures concrètes, comme l'installation par l'armée israélienne d'une caméra de surveillance à la frontière en face de la localité de Meis el-Jabal ainsi que le remplacement des blocs de béton qui bloquent le passage au niveau de Bastara, dans les fermes de Chebaa, par une grille. Ce qui est destiné à donner l'impression aux Libanais que les Israéliens s'apprêtent à faire une incursion, voire une opération de grande envergure. De même, depuis deux semaines, les patrouilles israéliennes le long de la frontière libanaise sont devenues plus visibles, comme pour faire monter la tension dans ce secteur. Le Liban officiel a d'ailleurs aussitôt réagi par la voix du président de la République qui a affirmé que les armes de la résistance sont complémentaires de celles de l'armée. De la sorte, et par le biais d'une chaîne égyptienne, M. Aoun a adressé un message ferme aux Israéliens dans lequel il explique clairement que toute agression contre le Hezbollah est considérée comme une atteinte contre l'armée libanaise et contre tout le Liban. En dépit de la polémique interne suscitée par cette phrase, le message a été parfaitement reçu par ses destinataires.
C'est pourquoi les Israéliens misent désormais sur un réveil des « cellules dormantes terroristes », sur fond de polémique interne qui pourrait affaiblir l'efficacité des forces armées et des services de sécurité libanais. Mais là aussi, la réponse libanaise a été rapide en décidant rapidement un train de nominations militaires et sécuritaires pour couper court à tout malaise qui pourrait marquer les périodes transitoires au niveau des commandements et de leurs équipes respectives. D'ailleurs aussi bien le chef de l'État que le Premier ministre ont tenu à clore le dossier des nominations militaires et sécuritaires d'un seul coup, sans plus attendre la fin des mandats des personnalités concernées. De même, les passations des pouvoirs se sont déroulées très rapidement pour que les nouveaux responsables sécuritaires et militaires puissent rapidement se mettre au travail.
C'est ainsi que les perquisitions et les arrestations n'ont pas cessé dans toutes les régions du pays, pour maintenir la pression sur les terroristes potentiels et les empêcher de profiter d'une période indécise que le Liban ne peut pas se permettre. Ce n'est ainsi pas par hasard que des affrontements qui ont rapidement pris de l'ampleur ont eu lieu à Bourj el-Brajneh au moment où un nouveau commandant en chef de l'armée était nommé et alors que les tractations pour former une nouvelle force de sécurité dans le camp de Aïn el-Héloué marquent le pas. Les affrontements de Bourj el-Brajneh, dont on dit qu'ils sont dus au départ à un conflit personnel, ont failli couper la route de l'aéroport à cause des tirs des francs-tireurs, si l'armée libanaise n'avait pas réagi rapidement. Et à Aïn el-Héloué, la situation demeure précaire.
C'est dans ce contexte de changements régionaux (apparemment l'offensive contre Daech à Mossoul, mais aussi à Raqqa en Syrie, avance à grands pas) que le climat politique interne s'est brusquement envenimé. La polémique sur la participation du Hezbollah aux combats en Syrie ainsi que sur la légitimité de ses armes est revenue à l'ordre du jour, alors que les milieux politiques hostiles à cette formation l'accusent de « plomber » le mandat du président et de vouloir le conduire à l'échec. Toutefois, ce regain de tension politique n'a pas empêché le train de nominations militaires et sécuritaires. Autrement dit, en dépit des menaces qui pèsent sur le Liban, le besoin d'éviter toute déstabilisation sécuritaire continue de faire l'objet d'un consensus.
 
 
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Scarlett HADDAD -
« Le jour où je cesserai de rêver, je voudrais que l'on m'enterre, car cela voudra dire que je suis morte. » Mireille Hachem, née Aoun, lance cette phrase le plus simplement du monde, peu soucieuse de surprendre ses interlocuteurs. Pourtant, des trois filles du président Michel Aoun, elle est connue pour être la plus rationnelle, celle qui ne croit qu'aux données réelles et aux chiffres.
D'ailleurs, dans le cadre de l'équipe rapprochée du p
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résident, elle a le titre de « conseiller spécial » (sur la base d'un contrat non rémunéré), chargée essentiellement de la planification administrative, de la stratégie organisationnelle et autres fonctions basées sur la raison, non sur les sentiments. « C'est vrai, dit-elle, que j'aime le concret et que j'ai les pieds sur terre. Mais j'ai aussi la tête dans les étoiles, et mon brin de fantaisie, je le laisse pour le domaine privé. Je suis ainsi libérale et pas du tout conservatrice, passionnée de la danse de salon dans ma vie privée, rigoureuse et professionnelle dans mon travail... Mais ce n'est pas notre propos, n'est-ce pas ? »
Car Mireille Aoun est pudique, comme son père, même si elle n'aime pas en parler. Son père est d'ailleurs omniprésent dans sa vie, comme dans celles de ses sœurs. À ses côtés, elles sont toutes les trois devenues des militantes, chacune à sa manière et dans un domaine particulier. Des trois, Mireille est donc celle qui a choisi la voie de l'action politique et publique. Elle précise toutefois qu'elle n'aurait pas pris cette décision si son mari Roy Hachem et ses enfants de 16 et 17 ans ne l'y avaient pas encouragée. Elle s'est présentée aux élections internes du CPL, comme n'importe quelle autre militante, alors qu'elle aurait pu décider de faire partie des membres nommés du conseil politique. « Il ne m'en a jamais parlé, dit-elle, mais je crois que mon père était content que je n'aie pas choisi la solution de facilité. » Mireille a donc fait campagne comme tous les candidats. Elle reconnaît que le fait d'être la fille « du général » a sans doute joué en sa faveur, mais « je ne pense pas, précise-t-elle, que ce seul élément justifie mon élection. J'ai fait le tour de toutes les régions et j'ai été à la rencontre de tous les militants. Je continuerai d'ailleurs à le faire ».
Un rôle actif au sein du parti
En tant que membre du conseil politique du CPL (le bureau politique), elle assiste aux réunions hebdomadaires et elle a un rôle actif au sein du parti. Mais elle a aussi pris ses marques au palais de Baabda. À la fois présente et discrète, son seul souci est d'être efficace, tout en restant proche des gens. Le palais présidentiel, selon elle, n'est pas un îlot isolé. Il est au cœur du pays et c'est un peu le rôle des conseillers de donner au président le pouls du pays et des citoyens. C'est une lourde responsabilité, mais Mireille essaie de rester fidèle à elle-même et à son parcours, c'est-à-dire réaliste, efficace, honnête. Elle est consciente du fait qu'en tant que fille du président, elle doit en faire plus que les autres, soucieuse de montrer qu'elle n'occupe pas cette fonction à cause du lien de parenté. Elle sait d'ailleurs que ce soupçon l'accompagnera toute sa vie et elle a décidé de vivre avec, tout en cherchant constamment à se dépasser.
Mireille Aoun Hachem se définit donc comme une cartésienne et en tant que citoyenne, elle a remarqué que 60 % des ennuis des Libanais proviennent de l'absence d'organisation, de vision stratégique et de planification. La lourdeur bureaucratique est aussi un grand handicap. C'est pourquoi elle s'est fixé pour objectif de permettre à la relation entre l'État et les citoyens de se moderniser, en un mot, d'être au XXIe siècle. Elle s'est donc immédiatement mise au travail, avec un avantage, sa connaissance des lois et des mécanismes administratifs, ayant commencé à s'y intéresser en profondeur à partir de 2010. Elle précise d'ailleurs à ce sujet que deux de ses oncles maternels (les Chami) étaient dans l'administration libanaise et que c'est sans doute d'eux qu'elle tient cet amour de la chose publique.
 
Rétablir la confiance
Elle s'emploie donc désormais à trouver des solutions sur les questions qui ont trait à la gestion du changement. Par exemple, la lutte contre la corruption a trois volets : la dilapidation des fonds publics, le délit d'initié et les abus de biens sociaux. À ses yeux, c'est ce troisième volet qu'il faut sanctionner, et être tolérant avec les deux autres qui se réduiront de facto à mesure qu'avancera la réforme de l'État. Comme elle cherche à dissocier les sentiments du travail, Mireille se fie uniquement aux données concrètes et dresse pour tout projet les critères de base, la stratégie et l'objectif, ce qui facilite, à ses yeux, la décision et le choix.
A-t-elle une grande influence sur les décisions du président ? « Sans doute oui sur les sujets dont j'ai la charge, en raison de la proximité, mais je ne suis pas la seule. En tout cas, c'est aussi une responsabilité, c'est pourquoi je me garde de donner un avis affectif, préférant en rester aux critères fixés. »
À la question de savoir comment c'est de travailler aux côtés de son père, Mireille répond que pendant les heures de travail, elle fait abstraction de la relation filiale. « Mais il faut dire qu'avec ce président, toute l'équipe du palais travaille avec enthousiasme, avec une grande motivation. C'est sans doute dû à sa personnalité. »
Au sujet de son père, le président, Mireille n'en dira pas plus. Elle préfère parler de sa conviction qu'il existe beaucoup de talents au Liban, mais qu'ils sont étouffés. « Ce que je voudrais, c'est leur permettre de s'exprimer et de s'épanouir », dit-elle, ajoutant que son expérience en Europe lui a montré que « les Libanais sont très créatifs et doués, mais le système ne leur permet pas de développer leur talent ». « Je voudrais que cela change, déclare-t-elle avec le calme qui la caractérise, car je crois en un Liban meilleur, pacifié, apaisé... Pour l'instant, nous vivons encore dans une période d'après-guerre, avec une société effritée où les gens et les partis n'ont pas confiance, ni les uns dans les autres ni chacun en lui. Il faut donc travailler à rétablir la confiance et à ressouder les liens sociaux. Ce n'est pas facile, mais ce n'est pas impossible... Compte-t-elle y travailler en présentant sa candidature aux législatives ? « Non, pas cette fois », dit-elle catégoriquement. Ce qui laisse les spéculations ouvertes...
 
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Scarlett HADDAD -
Chaque jour apporte son nouveau lot de complications... qui confirme, s'il en est encore besoin, le fait qu'il n'y a pas eu de véritable compromis en profondeur lors de l'élection de Michel Aoun à la tête de l'État. Plus de trois mois après le happy-end présidentiel, les positions des différents protagonistes ressemblent à ce qu'elles étaient avant cette échéance et montrent que les divergences stratégiques demeurent. L'entente renouvelée entre le
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Premier ministre et le chef des FL à la cérémonie du BIEL le 14 février constitue en quelque sorte le couronnement des efforts du ministre saoudien, qui a visité le Liban il y a quelques jours et dont le principal souci était de réorganiser les alliances libanaises de son pays. Le ministre Thamer al-Sabhane a donc voulu remettre de l'ordre dans la scène sunnite et relancer le réseau d'alliances qui formait l'axe principal du mouvement du 14 Mars. Il a ainsi poussé les différentes personnalités sunnites à reprendre contact entre elles, tentant même de réconcilier le Premier ministre et l'ancien ministre de la Justice Achraf Rifi. Mais il semble que ces efforts n'ont pas encore porté leurs fruits, Saad Hariri estimant avoir été poignardé dans le dos par Rifi. Le ministre saoudien s'est aussi intéressé aux différents projets de loi électorale, dans un souci de préserver la part des alliés de l'Arabie dans le Parlement qui devrait voir le jour après les prochaines législatives. Ces efforts sont-ils dirigés contre le Hezbollah et ses alliés ? Pour l'instant, les milieux proches du parti chiite n'expriment aucune réserve face aux démarches de l'émissaire saoudien au Liban.
Mais, par la voix de son chef, le Hezbollah a malgré tout durcit le ton face au royaume wahhabite. Ainsi, le dernier discours de Hassan Nasrallah, jeudi, n'a pas ménagé les dirigeants saoudiens, notamment lorsqu'il a évoqué la situation à Bahreïn et la guerre au Yémen. En même temps, le discours a été axé sur la possibilité d'une nouvelle agression israélienne contre le Liban profitant d'un contexte régional et international favorable, grâce à la volonté affichée du nouveau président américain de combattre l'influence de l'Iran dans la région avec l'appui des pays du Golfe. Tout en affirmant que la « résistance est plus forte que jamais et qu'elle réservera des surprises aux agresseurs », Hassan Nasrallah a quand même reconnu implicitement que la possibilité d'une telle agression est sérieuse. Par conséquent, les menaces qu'il a adressées aux Israéliens se veulent dissuasives. Quelques jours auparavant, le secrétaire général du Hezbollah avait prononcé un autre discours axé sur la situation intérieure libanaise, dans lequel il avait insisté sur la nécessité d'adopter une nouvelle loi électorale basée sur le mode de scrutin proportionnel pour assurer une plus grande représentativité des différentes composantes du pays, de manière à consolider la stabilité. Même s'ils traitent de sujets différents, les deux discours sont complémentaires.
Pour le Hezbollah, il existe donc une menace sérieuse et la riposte doit être dans la consolidation de la scène interne. Cette consolidation doit se faire dans trois directions. D'abord, il s'agit de consolider la sécurité intérieure en renforçant la coopération entre les différents services de sécurité et même l'échange d'informations entre eux pour combattre les cellules dites dormantes et resserrer le contrôle des frontières avec la Syrie. Dans ce contexte, la catastrophe évitée du café Costa à Hamra est un indice concluant. Selon le Hezbollah, Daech a bel et bien décidé de déstabiliser la scène libanaise, face à la perte de terrain qu'il est en train de subir en Syrie et en Irak. Mais il n'est pas dit qu'il peut réussir dans cette entreprise, si les Libanais sont vigilants.
Ensuite, il s'agit de pousser vers l'adoption d'une loi électorale équitable, même si elle devait réduire l'influence des grandes formations actuelles (y compris chiites). Le Hezbollah estime à cet égard que ses alliés dans les autres communautés devraient avoir leurs chances d'entrer au Parlement, pour qu'un parti ne puisse plus confisquer une communauté, ou en tout cas pour qu'il soit représenté selon son importance au sein de sa communauté.
La troisième direction dans laquelle le Hezbollah souhaite une percée est le dossier des déplacés syriens. Dans ses discussions en interne, le Hezbollah considère que ces déplacés (ou plus précisément certains d'entre eux) peuvent être utilisés un jour comme une carte confessionnelle contre lui. C'est pourquoi il suit ce dossier avec beaucoup d'attention. Certes, il s'agit d'une cause humanitaire et le parti assure ne pas avoir une approche xénophobe ou discriminatoire. Mais il n'écarte pas la possibilité que dans certaines circonstances, certains déplacés puissent alimenter un conflit confessionnel entre sunnites et chiites. C'est pourquoi il tient absolument à ce que ce dossier soit traité sérieusement. En principe, l'État libanais devrait avoir des informations sur les déplacés, de quelles régions syriennes ils sont originaires par exemple. À partir de là, il peut inciter ceux qui viennent de régions pacifiées à rentrer chez eux. En même temps, il peut aussi alléger les formalités de retour. Il ne s'agit pas bien sûr de les rapatrier tous, mais de mettre sur les rails un processus qui inverserait la tendance et changerait la perception libanaise de ces déplacés.
Le Hezbollah estime ainsi que si ces trois dossiers (sécurité, loi électorale et déplacés syriens) sont traités efficacement, le Liban pourra regarder l'avenir avec confiance, car il se serait mis à l'abri des éventuelles tempêtes régionales et cela dans l'intérêt de toutes les composantes de ce pays.
 
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Scarlett HADDAD -
 
À Baabda, à Rabieh, en France, au ministère de la Défense ou sur le front de Souk el-Gharb, Michel Aoun reste le même, un militant porteur d'un projet et d'une vision pour son pays et la région.
 
Depuis son élection à la tête de l'État le 31 octobre 2016, il n'a changé ni son attitude ni ses propos, considérant la présidence comme une nouvelle étape dans sa lutte pour un Liban ouvert à tous ses fils et équitable envers eux. Préside
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nt, Aoun continue à croire dans la force du peuple et dans sa capacité à changer les choses. C'est d'ailleurs le principal message qu'il a délivré aux membres de l'ordre des rédacteurs qu'il a reçus hier avec leur président Élias Aoun.
 
En dépit des nombreux problèmes de la presse écrite que l'ordre des rédacteurs voulait exposer au chef de l'État (les documents explicatifs lui ont d'ailleurs été remis), ce dernier a réussi à redonner aux journalistes ployant sous le poids de la crise des médias la volonté de se battre pour un Liban plus juste. Le président leur a même rappelé que leur mission va au-delà de la transmission d'une photo, car les rédacteurs creusent, vérifient, et vont plus loin que l'image pour expliquer les vrais problèmes et contribuer à trouver les réponses. « Certes, aujourd'hui, la presse écrite, a-t-il dit, a des problèmes graves, qui ne sont pas uniquement libanais, car il s'agit d'une crise mondiale due essentiellement au développement des moyens de communication, mais nous avons chargé le ministre de l'Information de chercher des solutions qui devraient aider ce secteur en difficulté ». Il ajouté que cela ne devrait pas empêcher les rédacteurs de s'impliquer dans les causes du peuple. « Personne ne peut vous obliger à agir contrairement à vos convictions, et si vous ne pouvez pas les écrire, exprimez-vous dans les salons ou sur toutes les tribunes possibles », a lancé le chef de l'État.
 
Pour lui, les choses sont claires : l'unité du Liban a été réalisée et la sécurité est globalement assurée. Il reste à compléter ces acquis par l'édification d'une société stable. Or celle-ci passe par l'organisation d'élections législatives. L'idée d'adopter une loi équitable est dictée par la volonté d'assurer une stabilité politique au Liban, basée sur la nécessité de rassurer toutes les communautés pour éviter des frustrations qui peuvent se transformer en facteurs de déstabilisation ou d'affaiblissement structurel. Au début, le CPL avait proposé ce qui avait été appelé « le projet grec-orthodoxe » et qui permettait à chaque communauté d'élire ses députés, selon un même critère et en assurant une représentation réelle au sein du Parlement. Ce projet a été critiqué et a été accusé d'être confessionnel. « Mais, a-t-il ajouté, le système actuel est confessionnel et nous nous battons pour nous en sortir. Seulement, même une loi contre les violences faites aux femmes a dû tenir compte des considérations confessionnelles. »
 
La seule exigence du président est que la nouvelle loi tourne autour d'un critère qui est le même pour tous, c'est-à-dire qui ne fait pas de discrimination entre une région ou une communauté et les autres. Mais selon Michel Aoun, qui s'est exprimé avec sa franchise habituelle, le problème, c'est qu'au fond, les composantes politiques ne veulent pas d'une nouvelle loi électorale. « Chaque partie veut supprimer la minorité rivale au sein de sa propre communauté et piocher chez les autres pour leur piquer quelques sièges. Ce n'est pas ainsi qu'on édifie une patrie », a-t-il affirmé, ajoutant : « C'est un peu comme si quelqu'un avait dit : voilà, nous vous avons mis des lignes rouges et vous ne pouvez pas les dépasser. » Le chef de l'État a aussi déclaré qu'il est déterminé à se battre pour une nouvelle loi électorale, sans craindre les confrontations. « Car s'il n'y a pas de nouvelle loi électorale, il n'y aura pas de justice et de stabilité politique dans le pays », a-t-il déclaré.
 
Référendums
Le président a encore précisé que la loi qui paraît à certains désavantageuse aujourd'hui pourrait devenir avantageuse demain. De même, le changement dans certains sièges pourrait assurer une stabilité sociale. « Sinon, cela signifierait que nous ne croyons ni à la démocratie ni à la possibilité de changement. Le parti que j'ai fondé a remporté tous les sièges dans des circonscriptions, il pourrait en perdre quelques-uns si le mode de scrutin proportionnel était adopté (à Baabda, au Kesrouan et à Jezzine, par exemple). Mais un tel changement dans certains sièges assurerait la justice dans notre société », a-t-il poursuivi.
 
Michel Aoun a affirmé qu'en réclamant l'adoption d'une nouvelle loi électorale équitable envers toutes les composantes de la nation, il se base aussi sur la volonté de changement au sein de la population. Toutefois, lorsqu'il a déclaré qu'il rejetait à la fois la tenue des élections sur la base de la loi actuelle et une nouvelle prorogation du mandat de la Chambre, il a été critiqué et accusé de vouloir le vide institutionnel. « Qu'on ne nous fasse pas peur avec le vide, a-t-il lancé. En réalité, il y a d'autres possibilités. L'une d'elles est l'organisation d'un référendum pour voir si les Libanais veulent ou non une nouvelle loi électorale. Rien dans la Constitution n'interdit l'organisation d'un référendum. Si nous ne faisons pas tout pour l'adoption d'une nouvelle loi électorale, que restera-t-il de notre démocratie à laquelle nous sommes tellement attachés ? » Il a ensuite rappelé que le peuple est la source de tous les pouvoirs.
 
En réponse à une question, le chef de l'État a qualifié sa relation avec le Premier ministre d'excellente, ajoutant : « Il n'y a pas de conflit entre nous. » Il a ensuite rappelé qu'il se considère comme le « père de tous » et qu'il veillera « aux intérêts de tous sans exception ou discrimination ».
Il a ensuite évoqué la lutte contre la corruption et la nécessité de relancer les organismes de surveillance, ajoutant que le ministère d'État contre la Corruption est un début. Le chef de l'État aspire à la création d'un haut comité pour la lutte contre la corruption qui aurait accès aux informations et la possibilité d'intervenir. Michel Aoun a ensuite demandé : « Comment le peuple libanais accepte-t-il de payer trois factures d'eau, alors que ce pays est considéré comme le réservoir d'eau de la région ? Y a-t-il un État au monde qui utilise ses réserves d'eau profonde en période de sécheresse alors que l'eau superficielle va dans la mer ? Sommes-nous devenus un pays désertique qui importe l'eau potable ? Même chose pour les doubles factures d'électricité... C'est devenu inacceptable ! » Le président a affirmé qu'il faut un changement radical dans la façon de penser pour retrouver les valeurs sociales et la possibilité de réclamer des comptes.
 
 
 
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'Scarlett HADDAD -


 
Pierre Raffoul se souvient d'une conversation avec le général Michel Aoun, il y a plusieurs années, alors que tous les deux se promenaient dans le jardin. Le « général » s'était alors arrêté, lui avait mis la main sur l'épaule et avait dit : « Toi et moi sommes de vieux compagnons. Nous avons commencé ensemble et nous continuerons ensemble. » Dès qu'il a été élu président de la République, Michel Aoun a tenu parole, cré
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ant une structure spéciale pour que son « vieux compagnon » puisse poursuivre le combat à ses côtés. Pierre Raffoul est ainsi devenu ministre d'État chargé des Affaires présidentielles, et son bureau au palais de Baabda est même collé à celui du président.
 
Entre les deux hommes, c'est donc une longue histoire d'amitié, de loyauté et de foi commune dans le Liban. Pour le nouveau ministre, fidèle parmi les fidèles, ce nouveau poste n'est donc pas une récompense, et encore moins un couronnement de carrière. C'est simplement une nouvelle étape dans la lutte pour un Liban indépendant et souverain autour d'un État fort et efficace.
 
D'ailleurs, Pierre Raffoul ne sait pas parler de lui. Toute sa vie tourne autour de son combat aux côtés d'un homme qu'il a rencontré pour la première fois en 1976, alors que la guerre faisait rage au Liban, et qui l'a alors tellement marqué qu'il n'a plus pu s'en éloigner, mêlant sa vie à la sienne et son destin au sien. Même les années d'exil forcé en Australie (1995-2005 ; il est rentré au Liban dans le même avion que le général, le 7 mai 2005) n'ont pas réussi à le détacher de lui puisque, une fois installé, son seul souci était d'organiser une visite de Michel Aoun dans ce pays pour son premier voyage hors de France où il avait été exilé de force. Le voyage a eu lieu du 6 au 19 juin 1998, un séjour au cours duquel Michel Aoun a serré les mains de 22 000 personnes...
Son épouse Nelly est elle aussi une compagne de combat et elle l'a toujours soutenu, même lorsque Ghazi Kanaan, le « gauleiter » syrien au Liban, a décidé en 1991 qu'il devait mourir...
 
L'histoire de Pierre Raffoul se confond donc avec celle du général depuis que, volontaire au sein du Tanzim, il a rencontré ce lieutenant-colonel de l'armée qui parlait d'unité, d'indépendance, d'intégrité territoriale et d'entente islamo-chrétienne, alors que le pays était déchiré par les conflits et son intégrité violée par les occupants. Selon M. Raffoul, Michel Aoun n'a jamais cessé de tenir le même langage de 1976 jusqu'à aujourd'hui, appelant à la rencontre et au dialogue entre les Libanais autour du projet d'un État fort et protecteur. Il rappelle aussi que dans les années 80, l'officier Aoun avait refusé la formation de brigades monoconfessionnelles et il avait insisté pour que celle dont il avait la charge, la fameuse 8e brigade, soit un modèle du Liban dans sa diversité et son engagement en faveur du pays.
 
Pierre Raffoul confie donc que depuis le début la vision de cet homme l'avait séduit et il ajoute qu'il n'a jamais douté de sa capacité à réaliser ses objectifs. Même dans les jours les plus sombres, après le 13 octobre 1990, il n'a jamais perdu confiance, se sentant d'ailleurs responsable de maintenir la flamme de l'espoir dans les cœurs et les esprits des Libanais, alors que le général s'est installé en France. Il s'est d'ailleurs toujours souvenu de ce qu'il disait : « On ne peut pas libérer une patrie et construire un État avec un peuple effrayé et soumis. »
 
Retour à Baabda
Pierre Raffoul a tenu bon autant qu'il le pouvait, entre son village natal, Miziara, où il jouissait de la bienveillance de l'ancien président Sleiman Frangié, ses amitiés au Chouf et son domicile à Baabdate. Le 26 juillet 1991, des amis lui envoient un message pressant pour qu'il quitte le Liban, parce que Ghazi Kanaan avait donné des instructions pour le tuer, en raison de ses activités clandestines contre « la tutelle syrienne » qui dérangeaient au plus haut point. C'est même lui qui avait organisé un vaste meeting dans le jurd au cours duquel le général s'est adressé pour la première fois à la foule par téléphone. Pierre Raffoul rappelle qu'à l'époque, les communications étaient difficiles et avec le général, ils échangeaient des lettres que Michel Aoun lui demandait de détruire après les avoir lues. Ce que d'ailleurs il n'a jamais fait...
 
Pour Pierre Raffoul, la force du « général » est qu'il n'a pas de double ou de triple langage. Il tient le même discours en privé, en public et par écrit. De même, c'est un visionnaire et un grand stratège, un chef militaire et politique redoutable et, en même temps, il n'a pas perdu son humanité, restant un homme tendre et affectueux qu'il a vu pleurer dans un coin à la mort de ses officiers. Selon lui, Aoun est resté proche des gens, soucieux de maintenir en eux la flamme de l'espoir et c'est pourquoi nul ne sort d'un entretien avec lui sans se sentir remonté et désireux d'agir, que la rencontre ait eu lieu en France, à Rabieh ou à Baabda.
 
Ce retour au palais présidentiel de Baabda, Pierre Raffoul n'en a donc jamais douté. Il confie qu'il l'avait même prédit en 1994, dans un ouvrage qu'il a publié. Un autre livre devrait paraître bientôt, mais celui sur la présidence attendra encore quelques années. Le ministre chargé des Affaires présidentielles est convaincu que le mandat sera riche en réalisations, car il s'agit d'une question de foi, de conviction et de détermination. Déjà, toute l'atmosphère du palais présidentiel a changé, puisque l'on y voit désormais des fonctionnaires souriants, motivés et actifs, contrairement à l'image traditionnelle des fonctionnaires du secteur public.
 
Dans son bureau, Pierre Raffoul enchaîne les rendez-vous. Faisant partie des plus proches collaborateurs du président (tout en siégeant au conseil politique du CPL avec les autres membres fondateurs), il est constamment sollicité et il suit de nombreux dossiers, étant chargé par le chef de l'État de veiller à ce qu'ils soient traités. Ses fonctions ministérielles, M. Raffoul les conçoit d'ailleurs comme une sorte de secrétariat particulier du président, qui lui confie, en plus, des missions précises. Il n'assiste pas seulement aux réunions du Conseil des ministres (il raconte à cet égard qu'au cours de la première réunion, le discours du président a marqué les ministres), il a accompagné le président dans son premier voyage à Riyad et à Doha. Il confie d'ailleurs avoir perçu l'immense respect dont jouit le nouveau président auprès des dirigeants de ces pays, qui montre que quelque chose a réellement changé dans la perception de l'État. Pierre Raffoul estime qu'en bientôt trois mois, le président a donné une nouvelle impulsion aux institutions. Mais il reconnaît que le défi est immense. Toutefois, ses nombreuses années aux côtés, ou à l'ombre, de Michel Aoun lui ont appris qu'avec cet homme-là, rien n'est impossible.' 
 
 
 
 
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'Scarlett HADDAD -
 
Après la visite en Arabie saoudite et au Qatar, le président du Liban peut désormais se rendre dans toutes les capitales du monde. C'est par cette réflexion qu'une personnalité politique du 8 Mars commente le voyage de quatre jours du président Michel Aoun à Riyad et à Doha. Selon cette personnalité, ce voyage était le plus compliqué en raison du contentieux existant entre le Liban et ces deux pays, suite à la crise syrienne et à l
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a participation du Hezbollah aux combats en Syrie contre les factions de l'opposition appuyées par Riyad et Doha.
 
Il faut préciser qu'après l'élection présidentielle le 31 octobre 2016, les voyages du président ont commencé à être évoqués et il y a eu des discussions dans les coulisses du palais de Baabda sur la première destination présidentielle. Certains avaient suggéré que le chef de l'État fraîchement élu se rende d'abord au Vatican, étant donné qu'il est le seul président chrétien dans la région du Moyen-Orient, alors que les membres de cette communauté sont la cible d'attaques répétées dans plusieurs pays. Les défenseurs de cette thèse pensaient que si le président élu après deux ans et demi de vacance à la tête de l'État se rend au Vatican dans sa première visite à l'étranger, ce serait un message fort pour les chrétiens de la région, d'autant que le Vatican n'a cessé d'œuvrer en faveur de l'élection présidentielle au Liban.
 
D'autres ont plutôt estimé que la première visite à l'étranger devrait se faire en Égypte, d'autant que le ministre égyptien des Affaires étrangères a été le premier responsable arabe à venir à Beyrouth pour inviter officiellement le chef de l'État. De plus, Le Caire reste une capitale-clé dans cette région, elle abrite le siège de la Ligue arabe et elle a, à maintes reprises, exprimé sa solidarité avec le Liban. D'autres encore ont proposé la France comme première destination étrangère du président, selon une certaine tradition.
 
Toutes ces possibilités ont été étudiées, mais le président Michel Aoun a décidé de se rendre en premier à Riyad et à Doha, choisissant sciemment les capitales avec lesquelles la relation était la plus complexe et qui ont longtemps été hostiles à son élection à la tête de l'État. Selon ceux qui le connaissent, la priorité pour lui était de consolider la paix interne, et sur cette base, la visite à Riyad et à Doha ne peut qu'avoir des effets considérables sur le nouveau climat d'entente qui règne dans le pays depuis l'élection présidentielle. Dans une démarche qui lui est particulière, le président Aoun a donc choisi de s'attaquer d'emblée à la mission la plus délicate, dans un souci d'apaiser la rue sunnite et d'aider son nouveau partenaire au sein du pouvoir, le Premier ministre Saad Hariri. D'ailleurs, depuis son élection (et même avant), le principal souci de Michel Aoun était de délivrer des messages d'ouverture à l'égard de l'Arabie saoudite, dont les dirigeants avaient à plusieurs reprises exprimé leurs préférences pour d'autres candidats présidentiels. C'est bien l'Arabie qui avait provoqué la crise diplomatique avec le Liban dans le cadre d'une réunion de la Ligue arabe et qui avait entraîné dans son sillage les autres pays du Golfe, qui ont soudainement décidé d'interdire à leurs ressortissants de se rendre à Beyrouth. Or, traditionnellement, l'Arabie est considérée comme la protectrice des sunnites au Liban et dans la région, au même titre que la République islamique d'Iran pour les chiites et même, à un moment donné, la France pour les chrétiens.
 
Le réalisme politique et le sens de l'intérêt national ont donc poussé le chef de l'État à se rendre en premier à Riyad et à Doha. Il s'agissait donc d'aborder les relations étrangères du nouveau mandat par les dossiers les plus délicats. Par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, les Saoudiens ont d'ailleurs apprécié le fait que le président ait choisi Riyad comme première destination hors du Liban. Pour eux, cette décision est la concrétisation des « relations particulières » existant entre les deux pays et montre une volonté claire de la part du président de les renforcer.
 
De plus, le roi Salmane a donné ses instructions pour pousser les ressortissants du Golfe à ne plus bouder le Liban et dans le contexte économique actuel, cette décision est un message d'espoir et de confiance. Enfin, cette visite a aussi rassuré les Libanais installés en Arabie pour y gagner leur vie. Ces Libanais seraient entre 200 000 et 250 000, et pendant les mois de crise entre les deux pays, ils ont vécu dans une sorte de tension, craignant à tout moment de faire les frais d'une décision d'extradition, comme ce fut le cas pour certains Libanais aux Émirats arabes unis. Ainsi, l'assainissement des relations entre Beyrouth et Riyad profite donc aux deux parties dans les deux sens et il ne peut qu'avoir des retombées positives pour les deux pays.
 
Beaucoup de choses ont été dites sur cette visite et ses résultats. Mais elle a déjà porté ses fruits. D'abord au niveau de l'apaisement du climat interne, puisqu'elle a rassuré la rue sunnite qui a, à un moment donné, considéré que l'élection du général Aoun était dirigée contre elle. Elle a aussi renforcé la position du Premier ministre en lui permettant d'être plus à l'aise dans ses relations avec le président. Ensuite, elle a permis une normalisation des échanges humains et commerciaux entre le Liban et l'Arabie et elle a eu un effet positif pour les Libanais installés en Arabie.
 
Quant aux dossiers complexes, ils sont restés en suspens, comme le don de trois milliards de dollars à l'armée libanaise qui n'est plus une priorité pour Riyad en raison de la guerre coûteuse menée au Yémen. De même, le rôle du Hezbollah en Syrie n'a pas été évoqué en profondeur, le président libanais ayant préféré se concentrer sur les intérêts communs aux deux pays, comme la lutte contre le terrorisme. Il a aussi estimé que cette participation fait désormais partie d'un problème régional qui dépasse le Liban. Certains s'empresseront de voir dans cette approche le début d'un conflit avec le Hezbollah. Mais ils se trompent, car pour Michel Aoun, il s'agit d'apaiser l'intérieur libanais, non de provoquer de nouvelles tensions. Et comme il l'a dit souvent lui-même, un accord avec une partie ne signifie pas un conflit avec une autre.
 
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'Scarlett HADDAD -
 
 
Depuis l'élection de son allié le général Michel Aoun à la présidence, le Hezbollah affiche une grande sérénité. Il se paie même le luxe de faire profil bas sur la plupart des questions internes libanaises, qu'il s'agisse de la formation du gouvernement ou des décisions politiques qui marquent le début du nouveau mandat présidentiel. Officiellement, le Hezbollah a chargé son allié chiite, le président de la Chambre Nabih Berry, de gérer le
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s questions politiques avec les différentes parties et il affirme se concentrer sur les questions régionales, notamment la guerre qui continue de se dérouler en Syrie. Mais même la reprise d'Alep par les forces du régime syrien, dans laquelle il a joué un rôle important, sinon décisif, ne pousse pas le parti à se présenter en vainqueur, ayant la victoire plutôt modeste, en comparaison avec la caractéristique arabe des fanfaronnades et des célébrations grandioses de victoires souvent virtuelles.
 
Le calme du Hezbollah qui se veut un message de confiance dans la nouvelle situation politique du pays est-il le fruit d'une conviction profonde et d'un sentiment de sécurité face au nouveau cours des événements ou bien cache-t-il autre chose ? Selon des sources proches du parti, le Hezbollah considère l'élection du général Michel Aoun comme une victoire stratégique pour lui et pour ses orientations politiques. Il estime avoir mené une longue bataille, envers et contre tous (y compris les alliés), de plus de deux ans et demi (la bataille présidentielle a commencé avant le vide à la tête de l'État) pour arriver à ce résultat, sans jamais modifier sa position d'appui total au général Aoun. Pour lui, cette élection est donc bien plus qu'un témoignage de fidélité à un homme qui a été solidaire avec le parti dans un moment particulièrement difficile (la guerre de 2006) et bien plus qu'un remboursement de dette. Il s'agit d'une option stratégique dont les effets se feront sentir dans les années à venir.
 
Mais en même temps, la nature de son combat contre un ennemi (Israël) qui a des tentacules un peu partout dans le monde et qui bénéficie d'appuis solides au sein de la communauté internationale, sans parler de ses instruments, anciens et nouveaux, notamment les extrémistes islamistes, le pousse à être constamment sur ses gardes. Alors que d'autres parties, à sa place, seraient actuellement en train de célébrer la double victoire, de Aoun à la présidence et de la reprise d'Alep par les forces du régime syrien, le Hezbollah, lui, se concentre sur la préparation de la prochaine confrontation, même s'il en ignore encore les contours et les nouveaux acteurs. Exactement comme il l'avait fait à partir du 26 mai 2000, au lendemain du retrait des troupes israéliennes du Liban, et à partir du 15 août 2006.
 
Derrière l'apparence de la sérénité, le Hezbollah est actuellement, selon les mêmes sources, une véritable ruche. Les efforts se concentrent dans trois directions : d'abord, poursuivre les combats en Syrie pour consolider les acquis, ensuite, procéder à une restructuration interne, après les changements imposés par la guerre en Syrie, et enfin, rester prêt pour toute nouvelle confrontation, qui pourrait revêtir diverses formes. Le Hezbollah pense en effet qu'Israël et ses alliés internationaux et régionaux n'accepteront pas facilement la défaite de leurs paris en Syrie et le renforcement du camp dit de la résistance. Ils vont donc tout faire pour provoquer de nouveaux conflits destinés à mettre en difficulté et à affaiblir cet « axe ». Logiquement, le premier futur champ de bataille auquel pense le Hezbollah est le triangle Golan-Syrie-Liban où, à travers certaines factions de l'opposition syrienne, Israël pourrait songer à ouvrir un nouveau front qui lui permettrait de faire d'une pierre deux coups. D'abord, en permettant à l'opposition syrienne d'avancer et de créer une sorte de zone tampon, Israël affaiblit le régime syrien et ses alliés, et d'autre part, ce front met en difficulté le Hezbollah en Syrie et au Liban, puisque selon la géographie de la région, il est dans le prolongement de Chebaa et de la région de Hasbaya. Depuis quelques mois en effet, les déplacés syriens se sont multipliés dans la région de Chebaa et de Hasbaya, constituant aux yeux du Hezbollah une menace potentielle. D'autant qu'il existe un point de passage qui n'est pas sous le contrôle de l'armée libanaise entre la région de Quneïtra et Chebaa. Il en existe un autre qui mène vers le secteur de Hasbaya, mais il est directement sous le contrôle des Israéliens. Cette zone est donc considérée à haut risque et exige du Hezbollah une grande vigilance, d'autant que les habitants sont en majorité druzes ou sunnites.
 
Pour le Hezbollah, la vigilance n'est pas seulement militaire. C'est pourquoi il a lancé une grande opération de réforme interne, selon le principe suivant : la guerre qui est menée contre lui n'est pas seulement militaire. Elle est aussi médiatique, économique et politique. C'est pourquoi il songe désormais à ne plus dissocier les unités combattantes (jihadistes) de celles politiques, médiatiques et administratives, en regroupant le tout sous le titre de la résistance. C'est pourquoi, dans ce contexte, et en dépit de l'apparent retrait, le Hezbollah suit avec beaucoup d'attention ce qui se passe à l'intérieur du pays, intervenant discrètement lorsqu'il le faut, mais choisissant sciemment de rester discret médiatiquement. En dépit des victoires qu'il a enregistrées ces derniers temps au Liban et en Syrie, il est convaincu que l'heure n'est pas aux lauriers mais aux préparatifs...
 
 

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