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Claude ASSAF -
 
La course vers l’hémicycle qu’amorce ce candidat du CPL est une étape qui s’inscrit dans un parcours de militant engagé dès l’adolescence.
 
La volonté de servir son pays ne lui est pas venue du jour au lendemain. Candidat du Courant patriotique libre (CPL) pour le siège grec-catholique de la circonscription du Metn, Edgar Maalouf (que proches et moins proches appellent Edy) est né dans une famille où l’engagement au niveau national occupe une place prééminente. Son père, Paul Maalouf, général-pilote dans l’armée, a versé son sang lors de la guerre qui a opposé la troupe aux Forces libanaises (1990). Son oncle, dont il tient le prénom, est le général Edgar Maalouf, député sortant, qui a occupé un poste de ministre au sein du gouvernement intérimaire (1988-1990) présidé par le général Michel Aoun.
 
Comment donc ne pas être tenté par l’uniforme et l’action publique lorsqu’on grandit dans une telle atmosphère ? Edy a 16 ans à peine lorsque la guerre de libération contre l’occupation syrienne (1989) est déclenchée par le général Aoun. Il rejoint alors les rangs des « Partisans de l’armée » (Ansar el-Jaïch). « Nous étions totalement encerclés et, à l’instar de nombreux jeunes, je voulais être utile », se souvient-il, notant toutefois que sa mère s’inquiétait des risques qu’impliquait son enrôlement. Mais le jeune homme était déterminé à embrasser le métier des armes. Par la suite, les circonstances l’ont cependant voulu autrement : « La mort tragique de mon père, laissant ma mère veuve à l’âge de 41 ans, a fait que j’ai renoncé à mon projet. »
 
Aussitôt ses études au collège Notre-Dame de Jamhour achevées et le bac en poche, Edgar Maalouf s’envole pour la Suisse où il intègre l’École hôtelière de Lausanne. Un séjour de quatre ans durant lequel il ne rate pas une occasion de participer aux manifestations antisyriennes en Europe, notamment à Paris. De retour au pays en 1998, il milite en tant que sympathisant aouniste auprès de ses collègues du Casino du Liban où il a obtenu un emploi dans la restauration, et parvient à former un noyau qui remporte les élections du syndicat des employés de l’établissement. En 2001, Edy fait partie des jeunes qui manifestent devant le Palais de justice contre le régime prosyrien, échappant de peu au passage à tabac par les éléments de l’armée et des services de renseignements libanais et syriens. Devenu partisan du CPL, il participe activement à la campagne de la législative partielle de 2002 au Metn, puis aux campagnes électorales de 2005 et 2009. 
 
L’infrastructure ne suit pas
Aujourd’hui, c’est sa propre bataille que veut mener Edgar Maalouf, devenu quadragénaire et assistant du PDG du Casino du Liban, Roland Khoury. Avec motivation, il évoque les grandes lignes du projet établi par la formation dont il relève, lequel sera d’ailleurs annoncé le 24 mars, lors de la présentation des listes du CPL. Figurent notamment au programme les crises de l’électricité et des déchets, auxquelles il faut trouver une solution, ainsi que l’amélioration de l’infrastructure des réseaux routiers. À ce sujet, M.
 
Maalouf déplore « le fait que le développement des infrastructures n’ait pas suivi la forte croissance de la population du Metn ». Il se félicite néanmoins qu’« aujourd’hui, sous le mandat du président Michel Aoun, la construction du pont de Jal el-Dib soit enfin entamée », affirmant que son parti veut en outre faire accélérer l’adoption par le gouvernement d’une décision de construire un pont à Antélias et deux ponts à Naccache, afin de faciliter les entrées et sorties de la région. Le candidat du CPL évoque également le domaine de la santé, notamment le rééquipement de l’hôpital de Dahr el-Bachek (Roumieh) et la création de dispensaires dans les hauteurs du Metn. 
 
Originaire de Kfar Aqab, Edgar Maalouf prend aussi à cœur les problèmes qu’endurent les agriculteurs, proposant notamment de créer des coopératives agricoles en vue d’écouler les produits récoltés. Il se soucie aussi de la reforestation des bois de Qaaqour et de Wadi el-Karm, et du traitement des maladies des pins, admettant toutefois que c’est davantage le parti dans son ensemble qui aura un réel impact pour faire généralement bouger les choses. « On a beau avoir des idées, elles ne peuvent se mettre en application qu’avec l’action du parti », confie-t-il. Mais s’il reconnaît que la structure partisane permet plus facilement d’atteindre les objectifs recherchés, comme, dit-il, « la lutte contre le chômage, un fléau exacerbé par la concurrence de la main-d’œuvre syrienne », il affirme qu’il se tiendra lui-même aux côtés des jeunes et œuvrera en leur faveur. 
 
Marié à Léa Traboulsi, ce père de trois enfants estime en outre qu’il faut inciter les jeunes à pratiquer du sport, d’autant que « l’addiction à la drogue fait tache d’huile dans notre société ». Lui-même très sportif, passionné de randonnée, de football, de basket-ball et de plongée sous-marine, il compte, s’il entre au Parlement, faire partie de la commission de la Jeunesse et des Sports. Une autre commission à laquelle il aimerait participer est celle qui se consacrerait au développement du tourisme. 
 
Quid des problèmes stratégiques, notamment les armes du Hezbollah ?
« Tant que l’Occident, et plus particulièrement les États-Unis, ne veut pas d’un vrai renforcement de l’armée libanaise, il est difficile de se départir du Hezbollah », juge M. Maalouf. Au sujet de l’implication du parti chiite dans les conflits régionaux, il interroge, dubitatif : « Vous allez me dire que les batailles que livre le Hezbollah en dehors du territoire sont menées sans couverture internationale ? »
 
Et de conclure en affirmant que « seule la communauté internationale peut apporter des réponses et des solutions à ces sujets épineux et sensibles ».
 
 

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